Qui est responsable de la déconstruction d’un fleuron français de l’énergie ?

La politique nucléaire développée après guerre par le Général de Gaulle avait pour unique objectif d’assurer la souveraineté énergétique de la France. La France a été le premier pays à produire de l’électricité à partir d’une centrale atomique.

Faut-il redire des évidences ? Sans énergie, quelle que soit sa source, pas de cuisine, pas de lessive, pas d’eau chaude, pas de chauffage, pas d’agriculture, pas d’industrie, pas de transports, …, et surtout aujourd’hui, pas de téléphone, ni d’Internet, ni de réseaux sociaux, ni de données informatiques, ni de déplacement en véhicule thermique ou électrique (de la trottinette à la tesla). Assurer son indépendance énergétique est donc pour un gouvernement une priorité absolue.

En 2021, 69% de l’électricité vient du nucléaire, ce qui est moins que 2017 (par exemple) où c’était 71,6 % et des années précédentes entre 75 et 80%.

Voilà près de 30 ans, que sous couverts d’accords électoraux et de la pression des écologistes, souvent pastèques (verts dehors et rouge dedans), le nucléaire est décrié, au mépris des réalités techniques, technologiques et scientifiques. Cette idéologie d’extrême gauche a fait perdre à cette filière de haute technologie, qui travaille sur le long, très long terme, son expertise, des compétences, des talents. Quel gâchis ! Et on ose s’en étonner aujourd’hui en voulant faire porter la responsabilité à la guerre en Ukraine et aux difficultés économiques ?

Une commission d’enquête de l’assemblée nationale, visant à établir les raisons de la perte de la souveraineté et d’indépendance énergétique de la France, a procédé en décembre dernier à un grand nombre d’auditions de personnages importants. Voici les liens des anciens présidents, Pierre Gadonneix, Henri Proglio, Jean-Bernard Lévy.

En fait, il ne s’agit pas d’erreurs stratégiques mais bien de décisions politiques, françaises et européennes, qui ont conduit à un véritable assassinat du service, qui était public, de l’électricité.

Soyons factuels avec quelques dates :

  • 1997 : abandon de Superphénix par Lionel Jospin
  • 1999 : accords électoraux entre Jospin et les verts sur le dos du nucléaire et l’abandon des centrales
  • 2003 : directive européenne qui avait pour but de créer un marché libre et concurrentiel au niveau européen
  • 2007 : Sarkozy autorise la création d’un EPR à Flamenville (EPR : European Pressurized Reactor = réacteur à eau pressurisée)
  • 2010 : loi NOME (Nouvelle Organisation du Marché Energétique), dans la foulée de la directive européenne
  • 2011 : mise en place du dispositif de l’ARENH (Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique) qui oblige EDF à vendre 25% de sa production, – produite avec le nucléaire – à des fournisseurs alternatifs à un prix fixe de 42 euros le Mwh. Les fournisseurs alternatifs sont des sociétés qui n’ont aucune obligation de produire de l’électricité, et revendent simplement l’électricité qu’elles achètent à EDF.
  • 2012 : accords électoraux entre Hollande et EELV sur l’engagement de fermer Fessenheim
  • 2016 : vente d’Alsthom à GE, Macron, ministre de l’économie
  • 2017 : propositions des candidats à l’élection présidentielle
  • 2018 : fermeture de Fessenheim confirmée par Macron ainsi que 12 autres réacteurs
  • 2019 : abandon du programme Astrid piloté par le CEA depuis 2010, réacteur de 4ème génération
  • 2020 : fermeture de Fessenheim, 1600 MW
  • 2021 : vote de la loi Climat et Résilience qui prévoit la fermeture de 12 centrales supplémentaires, toujours en vigueur aujourd’hui !
  • juin 2022 : affirmation de « Il n’y aura pas de coupures cet hiver »

Des décisions politiques ont donc été prises sur des mensonges; des principes de réalité ont été niés au profit de nouveaux modes de production d’énergies dites renouvelables, vertueuses sur le papier – mais ne produisant pas d’énergie la nuit ou lorsqu’il fait très froid – et incapables de répondre à la demande d’une énergie stable, permanente, continuelle et qui plus est, croissante.

L’éolien peut apparaître comme une énergie non productrice de C02 une fois installé. Toujours est-il que sa construction pollue durablement les sites sur lesquels les éoliennes sont installées. La production des éoliennes est une industrie tout aussi polluante que celle des batteries des voitures. Son envahissement des paysages et des cotes françaises est un déni pour la véritable écologie qui vise à protéger et préserver la terre et ses habitants, qu’ils soient humains ou animaux. L’éolien est soumis à l’aléa du vent qui n’est ni prédictible ni commendable et nécessite donc d’avoir une autre source de production d’énergie pour pallier ses absences. Ce principe de réalité ne peut être mis sous le tapis.

Par ailleurs, l’honnêteté des écolos trouve sa limite dans la non prise en compte du bilan carbone, axe pourtant stratégique des lois sur le climat et la transition énergétique. La production d’électricité en France est décarbonée à plus de 90%. Le nucléaire produit 4 gr/kWh quand l’éolien – majoritairement chinois – en produit 20 gr/kWh, et le solaire dont les panneaux proviennent de Chine puisqu’il n’y a plus de fabricant français, 60 gr/kWh.

Faisons un peu de place aux arguments avancés par les anti nucléaires, le traitement des déchets et le risque nucléaire en lui même.

  • La question du traitement des déchets ultimes était prise en compte dans le projet Astrid, avec une sérieuse avancée technologique mais le projet a été stoppé.
  • La question du danger du nucléaire avait été mis sur le devant de la scène en 2011 par l’accident de Fukushima, faisant retomber la confiance des français dans le nucléaire. Mais en France, les centrales ne sont pas construites sur des failles géologiques actives contrairement au Japon où c’est un tsunami qui a causé l’accident.

Bien sûr on ne peut pas évoquer tous les sujets dans un tel article, il y a tant à dire … Notons simplement que la nouvelle loi concernant les énergies renouvelables, poussée par les lobbys éoliens et solaires, a été adoptée le 10 janvier en première lecture à l’assemblée nationale.

Terminons par deux informations :

1/ Il y a actuellement en France, 38 réacteurs en fonctionnement, 6 partiellement disponibles et 12 à l’arrêt dont 6 devraient pouvoir redémarrer en février 2023. Il n’est plus possible de « ranimer » les réacteurs de Fessenheim, le démantèlement a commencé.

2/ Le Sénat a supprimé le 11 janvier dernier l’objectif de réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité (suppression du 5° du I de l’article L100-4 du code de l’énergie). C’est un frémissement de bon sens !

Nous vous devons plus que la lumière !

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