Quand les excès écologistes européens s’éloignent du développement durable

En 2021, était imposé au niveau européen le Green New Deal. Impossible d’y échapper ni même d’oser émettre des doutes et/ou des questionnements, ni d’afficher une certaine rationalité. Pas possible de se comparer, de se mesurer les uns par rapport aux autres. Le monde entier doit s’y mettre, doit faire des efforts colossaux, complètement disproportionnés au résultat attendu : diminuer la production de CO2 d’origine « humaine » et tout cela au détriment de l’économie, des entreprises et des populations. Diminuer la production de CO2 et paraître vertueux, voilà l’objectif…

L’agenda vert européen, imposé par la Commission européenne aux Etats membres en juillet 2021, n’était qu’une construction intellectuelle visant à décarbonner la planète. C’était l’avant garde technologique garante de la morale de l’humanité et de la transition énergétique ! Les ambitions étaient bâties sur des hypothèses technologiques et économiques fragiles, ne prenant pas en compte, par exemple, le développement de la Chine, sa mainmise sur les terres rares et les métaux critiques permettant la fabrication de batteries, et son absence de volonté manifeste d’aller dans cette direction malgré quelques timides affichages. La crise économique survenue depuis devrait engendrer une révision des politiques imposées, mais il semblerait que la réflexion n’aille malheureusement pas encore dans ce sens.

Si le bon sens commande que l’on se compare pour mieux mesurer l’effort à faire, rappelons les données factuelles. La France, a produit en 2022, 404 MTCO2 alors que la Chine en produisait 15 685. En 2023, la France affiche une baisse significative de 4,8% par rapport à 2022. Que fait la Chine ? La Chine augmente sa production de CO2 de 565 MTCO2 en 2023. Sur le sol européen en 2021, l’Allemagne représente 22% des Gaz à effet de serre et la France … 12%… L’Allemagne utilise à marche forcée ses centrales à charbon, et achète notre électricité produite par le nucléaire français alors qu’elle a fermé ses dernières unités en avril 2023.

3 ans après le lancement du Green New Deal, des doutes commencent à poindre. Pour n’avoir pas su résister aux sirènes de l’écologie punitive, la majorité des politiques publiques sont en effet quasiment toutes tournées vers cet objectif unique et absurde vis à vis de l’économie, de l’industrie, des finances, des collectivités territoriales, et des populations. Des exemples ?

Interdiction de vente de véhicules neufs thermiques à partir de 2035, sans concertation avec les constructeurs automobiles. Un agenda politique hors sol ! Mis devant l’obligation de se convertir, les constructeurs ont fait des efforts pour produire. Mais dans la réalité, l’industrie française ne peut pas se reconvertir dans un temps si court. Cette marche forcée commence à se confronter aux principes de réalité et la tendance commence à s’inverser. Le véhicule électrique n’est pas, en effet, un véhicule pour petit budget ni pour les trajets longue distance, coûteux en énergie (ça tombe mal avec la récente crise énergétique), coûteux en entretien, polluant pour le recyclage des batteries, … et personne ne mesure le coût complet en CO2 de ces véhicules et ces batteries produits en dehors de l’hexagone. La France avait un si beau palmarès automobile !

Les ZFE (Zones à Faible Emission) en droite ligne avec le sujet précédent. L’agenda d’application de ces ZFE qui réglementent la circulation des véhicules thermiques ne cesse d’être repoussé, tant mieux ! Il faut quand même démasquer la supercherie de ces ZFE en rappelant que pendant le confinement, en région Ile de France, deux épisodes de pollution sévères ont eu lieu, … il n’y avait pas une voiture en circulation…

Le développement des renouvelables, c’est à dire des énergies renouvelables, vent et soleil principalement. Cela concerne les éoliennes qui poussent comme des champignons car elles assurent aux collectivités qui les acceptent un financement récurrent mais qui ne tournent que quand le vent souffle et pas quand on a besoin d’énergie la nuit par exemple. La dégradation de nos paysages, ou la protection des espèces animales dérangées par ces équipements, que ce soit sur terre ou sur mer, n’est que trop peu ou pas prise en compte. Les questions de recyclage et de durée de vie des équipements non plus. Quant aux panneaux photovoltaïques, les conditions pour qu’ils soient performants sont nombreuses (taux d’ensoleillement, entretien et nettoyage) et le rapport entre le cout et l’énergie produite est loin d’être performant. La France vertueuse fait la prospérité de la Chine qui destocke à bas prix ses panneaux et contraint ainsi l’un des deux derniers producteurs français de panneaux à fermer. Vouloir tenir les objectifs même au détriment de la France et sans faire de calcul « complet » de Tonnes de Co2 produites est un non sens.

Les injonctions européennes se déclinent sur les collectivités publiques. Celles-ci sont obligées de contribuer et s’interrogent sur comment faire face au changement climatique ! Chacune a décliné un plan Climat Air Energie Territorial dont l’objectif est de « répondre au défi climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et les consommations énergétiques sur le territoire d’ici l’horizon 2030. » Moins consommer, ne pas gaspiller, économiser, tout cela est très vertueux et positif, mais quelles conséquences réelles et directes sur le climat ? La réponse n’est pas connue. Quant aux conséquences sur les finances publiques ? Elles sont, elles, tout à fait connues et provoquent des investissements fléchés qui amputent les budgets sans résultat visible ni augmentation du bien-être des populations.

Certaines réalités sont ignorées. Avez-vous entendu parler des conséquences sur la production de CO2 de l’atmosphère, des éruptions volcaniques et des feux de forêt qui depuis quelques années sont intenses en Californie, au Canada, en Australie, etc. Jamais il n’en est fait mention. Or il n’y a pas de doute sur leurs conséquences directes en matière de pollution atmosphérique et de micro particules. Nos petits efforts humains sont dérisoires face aux conséquences des éruptions et autres phénomènes naturels indépendants de la volonté de l’homme.

En revanche, cela a favorisé le développement d’actions pragmatiques, dignes d’une gestion en bon père de famille ! Comme vertus développées par l’agenda politique, on trouve la prise en compte des déchets avec un tri à la source des déchets ménagers qui est une démarche utile, la baisse de la consommation d’énergie bien stimulée par l’augmentation des prix, la meilleure gestion des plastiques, la prise en compte de la gestion de l’eau. Par exemple, pour éviter de renvoyer l’eau de pluie des cours d’écoles ou des espaces publics dans le réseau d’assainissement et ainsi diminuer le volume d’eau traité par les usines d’assainissement, des sols sont désimperméabilisés pour permettre l’absorption naturelle de la pluie. Ces gestes sont modestes mais sont des gestes écologiques « nobles » car ils visent, localement, à un meilleur équilibre entre l’homme et son environnement.

Les décisions prises en 2021 par « les ayatollahs de la pastèque » ont pour conséquences un appauvrissement pour ne pas dire un sabotage de l’industrie, un appauvrissement des politiques publiques tournées vers un objectif unique et un appauvrissement des populations. Le bilan environnemental de toutes ces politiques est plus que discutable. A suivre…