Quand viendra l’heure de mourir, nous quitterons cette terre pour aller Dieu seul sait où !
Certains voudraient abréger de leur propre volonté la durée de leur vie. Ils voudraient, par la loi, rendre légal le fait de tuer un autre ou d’être tué par un autre. Cette idée est assez violente en réalité, même si les promoteurs les plus influents de cette idéologie s’appellent « Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité ». Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage, quand on veut pouvoir supprimer une vie que l’on juge indigne (en vertu de quoi ? ), on dit qu’on veut préserver sa dignité.
L’Académie nationale de médecine a rendu fin juin 2023 un texte voulant « « Favoriser une fin de vie digne et apaisée : Répondre à la souffrance inhumaine et protéger les personnes les plus vulnérables » », répondant en cela à la commande gouvernementale.
Pourtant les oppositions sont nombreuses depuis le début de cette année alors qu’elles ont été rendues inaudibles par les médias.
« Manifeste des 110 » : « laissez-nous le droit d’exister, d’exister tels que nous sommes ». Cette tribune écrite par des personnes concernées au premier degré par leur situation de vie douloureuse, handicapées, malades ou âgées est un cri du coeur contre l’euthanasie. Elles demandent à être entendues, aimées, accompagnées, respectées dans leurs différences. Elles réclament elles, le droit à la vie ! Ce n’est parce que leur corps fléchit, qu’elles souffrent, qu’elles sont moins dignes de vivre que les bien portants ! C’est comme si, les jugeant inutiles, on les mettait hors de la vie. Et ce qui n’est « qu’un droit » finira par être une obligation. On sait combien les limites sont toujours franchissables, franchies et finissent oubliées.
Soulager mais pas tuer, c’est le nom d’un collectif qui rassemble des personnes qui veulent lutter contre le projet de loi de fin de vie visant à légaliser l’euthanasie et/ou le suicide assisté et promouvant les soins palliatifs. Le parrain de ce collectif est Philippe Pozzo di Borgo, décédé le 1er juin de cette année, qui a beaucoup apporté en inspirant le film « les intouchables » mettant ainsi sur le devant de la scène la dignité d’un grand handicapé.
Tout mais pas ça promeut un film « Mourir n’est pas tuer, enquête au coeur de la fin de vie », expliquant par différents exemples de vie, l’effet des soins palliatifs sur la qualité de vie de patients et de leur entourage. Des choses difficiles parfois à vivre mais qui conduisent à un fin de vie paisible, accompagnée.
=> Le film sera proposé à Boulogne-Billancourt le vendredi 8 septembre 2023 à 20h15, à l’Espace Landowski, 28, avenue André Morizet.
En février dernier, 800 000 soignants réunis au travers de 13 organisations syndicales interpellaient solennellement sur les conséquences pratiques, concrètes de ce projet de loi. Leur texte a précédé les conclusions de la convention citoyenne sur la fin de vie. Ils rappellent les principes du soin et l’engagement des soignants : « Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. » Ils refusent « catégoriquement la démarche euthanasique, et spécifiquement les actes de préparation, de mise en place et d’administration d’une substance létale,… » et expliquent la transgression majeure que serait cette loi si elle était votée ainsi que la fin de l’éthique collective !
La Cour des comptes reconnait dans son rapport de juillet 2023 que l’offre de soins n’est pas suffisamment développée et mentionne l’association Visitatio – Voisins & Soins qui s’est récemment développée à Boulogne-Billancourt et ailleurs.
Ne faisons pas éclater les liens de solidarité, de soutien, d’assistance qui permettent à l’homme de donner le meilleur de lui-même. Accompagner un mourant est une grâce que l’on oublie pas au même titre qu’une naissance !