Déboussolé – décivilisé !

Le 14 juillet ont défilé sur les Champs Elysées des militaires en ordre, fiers de présenter leurs couleurs, nos couleurs, fiers de leur appartenance à leur corps, à leurs formations, à ces cadres stricts où l’obéissance le dispute à la fraternité, fraternité d’armes face aux épreuves et aux combats.

Le contraste avec la violence et tous les actes de destruction des jours précédents était surprenant. Etait-ce bien la même France ?

La boussole de la tête de l’Etat a perdu le Nord en demandant et obtenant une minute de silence à l’assemblée nationale en mémoire du « jeune » tué lors d’une intervention des forces de l’ordre, intervention dramatique mais prévue par la loi. Un autre drame n’avait d’ailleurs pas été évité en 2019 où un chauffard « … au volant d’une voiture, a tué un enfant de dix ans et blessé grièvement un de sept ans sur un trottoir de Lorient après avoir fui un contrôle routier ».

Pourquoi cette minute de silence ? Pour apaiser les foules ? Le parti pris est grossier et méprise comme à l’accoutumée une grande partie des français, attachés à la France et à ses valeurs, au respect de l’autorité notamment. De quand datent les minutes de silence à l’assemblée nationale pour les forces de l’ordre mortes en mission ? Mélanie Lemée, gendarme, a été percutée par un automobiliste en fuite le 4 juillet 2020 à Port-Sainte-Marie. Elle est décédée. Lui a-t-on rendu les mêmes honneurs ?

Après des menaces et des agressions d’élus fin mai dernier, le président avait déclaré « Aucune violence n’est légitime, qu’elle soit verbale ou contre les personnes. Il faut travailler en profondeur pour contrer ce processus de décivilisation « . La décivilisation est une réalité aujourd’hui.

C’est le fruit de plus de 40 ans d’abandon de l’Etat de ses responsabilités, de la vision que la classe politique doit porter pour le peuple français. Tant de décisions non prises, tant de faiblesses coupables, tant d’abandons successifs. La spirale s’accélère. Si le président n’est pas responsable des 30 années qui l’ont précédé, sa responsabilité est indéniable dans la crise d’aujourd’hui. L’utilisation régulière du double discours, des « deux poids – deux mesures », du « et en même temps », de mots provocants, sont la marque d’une pensée mouvante promouvant tout à la fois, tout et son contraire.

La non assimilation d’une partie des jeunes laissés aux pouvoirs des réseaux de drogue et des cités est la face visible des zones de non droits où règnent violence et soumission. Que dire de la détestation de la France, de notre histoire, de notre civilisation ? Où étaient les parents des jeunes délinquants qui ont eu plaisir à saccager, piller, voler, brûler, détruire ? Qui a baissé les bras ? Si les milliards injectés dans la Politique de la ville n’ont pas porté de fruit, il y a bien une raison. Encore faut-il vouloir analyser en profondeur les causes de ces échecs successifs, et ensuite vouloir en combattre les raisons.

La France comme terre de jeu pour les décivilisés ?

La décivilisation annoncée est amorcée depuis longtemps et la volonté politique pour la freiner est aux abonnés absents, quand elle ne fait pas exactement l’inverse. On attend de la classe politique qu’elle restaure l’autorité de l’Etat et garantisse la sécurité de chacun, qu’elle rende aux parents leurs responsabilités de premiers éducateurs de leurs enfants, et qu’elle sanctionne grâce à la Justice.

« Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants,
Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,
Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,
Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne,
Alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie ». Platon (Athènes, vers 427- 348 avant JC)

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